Notre juge personnel au golf

Sur le putting-green, à l’échauffement avant notre compétition du dimanche, le verdict va bientôt tomber…

Allons-nous partir confiant sur le parcours…?

Mais au fait, qui décide si je suis confiant sur le parcours? D’où vient ce phénomène?

Dans de rares cas, nous sommes très performants lors de notre échauffement, les sensations sont au beau fixe, les lectures de pentes sont aisées…presque pas la peine de se baisser pour voir ce qui se passe. C’est comme si nos sens fonctionnaient mieux que d’habitude…on a facilement des certitudes. Le dosage est là lui aussi, c’est merveilleux. Du coup, bon nombre de balles finissent au fond du trou ou bien vraiment à proximité immédiate de celui-ci. Comme je vous l’ai dit…ceci reste rare…

Le plus souvent ce sera un autre scénario. Les bonnes sensations se feront désirer et on essayera de « rassurer notre mental » avec les quelques putts pour lesquels les résultats sont satisfaisants. Ici, notre « juge personnel » fait des ravages, il est bien souvent très exigeant et n’œuvre pas vraiment pour nous mettre en confiance. En effet, lorsque nos sensations ne sont pas au beau fixe, nos commentaires personnels peuvent rapidement prendre un tournure de « t’es mauvais » lorsqu’il s’agit de constater que les coups produits ne sont pas à la hauteur de nos espérances ainsi que de considérer que « ça se goupille » lorsqu’un putt est réussi.

Mais au fait…à partir de quand un putt est-il réussi?

Nous rentrons ici au cœur du sujet, c’est bien nous même qui fixons à partir de quand un putt est réussi ou pas. Évidement qu’un putt d’un mètre devra rentrer dans le trou pour qu’on puisse être satisfait et estimer avoir réussi notre coup. Mais pour un putt de 2,5m, qu’en est-il ?

Et si il y a d’autres joueurs(euses) à proximité, susceptibles de regarder ce que l’on fait, notre niveau d’exigence est-il le même que lorsque l’on est bien tranquille tout seul ? Évidemment, d’une personne à l’autre, les réponses à ces questions vont varier. Ce qui importe c’est de prendre conscience de ce qui se joue dans ces situations où s’exprime notre « juge personnel ». D’une manière générale, nous aurons tendance à nous juger sévèrement.

 

D’abord, qui c’est ce « juge personnel »?

 

Il a été fabriqué de toute pièce par nous-même et par tout ce que l’on a choisi « d’accepter comme vrai » au fil du temps (lectures, échanges avec d’autres joueurs, commentaires à la TV …). Du coup, on considère ensuite que certaines choses sont « mal » et d’autres « bien ». Ou pire, qu’elles sont « normales ». Oui, concernant le putting, le golfeur a souvent tendance à considérer qu’il est normal de rentrer les putts courts, disons à moins d’1,5 mètres. Sans parfois vraiment faire la distinction entre un putt n’ayant quasi pas de pente et un putt avec une vraie belle pente latérale.

Voici donc la suggestion d’une procédure permettant de limiter les interventions négatives de notre « juge personnel ».

Tout d’abord il est nécessaire de bien considérer qu’il est normal que nos sensations ne soient pas les mêmes d’un jour à l’autre et surtout lors de la phase d’échauffement. Il est souhaitable d’accepter par avance comment se sera.

Que nos sensations soient les pires que l’on n’ait jamais eues ou bien qu’elles soient très bonnes, s’en tenir à la même démarche suivante :

 

 

Avec 3 balles, se positionner quelque part sur le green et, sans viser de trou, effectuez un premier putt d’environ 2 mètres devant vous. Il n’y a pas de choix de direction particulière sur ce premier coup, juste le fait de jouer simplement un putt court et d’obtenir, à peu près, la distance souhaitée. Ensuite vous jouez la deuxième balle (approximativement du même endroit que là où a été jouée la première), pour venir toucher la première. Enfin, vous jouez la troisième balle pour, en fonction de la situation qui se présente à vous, soit toucher une des deux balles précédentes, soit passer entre ces deux balles, soit ricocher sur l’une pour ensuite pour ensuite venir toucher l’autre.

De cette manière, notre « juge personnel » a moins de place pour nous malmener puisqu’on ne vise effectivement pas de trou et que l’habitude la plus courue est de nous juger sur le fait d’avoir réussi à rentrer la balle ou pas. Mais aussi parce que l’on vise une cible plus petite qu’un trou, et même pas de cible du tout lors du premier putt.

Pour une phase d’échauffement, ce premier exercice permet donc de réveiller nos sensations en effectuant quelque chose de simple et ludique. Nous incitant tout de même à une grande précision mais sans nous « appuyer sur la tête » si le résultat souhaité n’est pas atteint.

On pourra faire cet exercice pendant 5 bonnes minutes et même le commencer avec une seule main sur le club (droite pour les droitiers, gauche pour les gauchers), de manière à optimiser le réveil des sensations notamment en laissant « jouer le club ». C’est aussi un très bon exercice pour apprendre (réapprendre) à prendre plaisir à simplement faire rouler la balle.

 

 

Avec 3 balles, on se positionne à une extrémité du green et on vise l’extrémité opposée de ce même green. Idéalement cela correspondra à un putt d’une longueur comprise entre 10 et 20 mètres.

Cela veut donc dire que l’on putte notre première balle avec pour objectif qu’elle finisse sa course au plus près du bord du green opposé. Avec notre deuxième balle, nous rejouons le même coup avec pour objectif d’améliorer ce que l’on a produit avec la première. Cela veut dire que si notre première balle a fini sa course à 1 mètre du bord de green (en étant sur le green ou sur le pré-green), le but de notre deuxième balle est donc qu’elle termine à moins d’1 mètre.

Si notre première balle avait fini sa course juste pile-poil sur la limite green / pré-green, nous essayons de reproduire la même performance avec la deuxième. On prendra simplement la peine de viser juste un peu à droite ou à gauche de la première balle de manière à ce que celle-ci ne vienne pas interférer la course de la seconde. Concernant la troisième balle, nous la jouons dans le même état d’esprit, c’est à dire en essayant d’améliorer ce que l’on a réussi à obtenir sur la meilleure de nos deux premières balles.

Vous l’aurez sans doute remarquez, ici aussi, on ne vise pas de trou. Notre « juge personnel » a donc naturellement moins de prise …

Cet exercice que l’on peut effectuer 5 bonnes minutes en variant les situations nous permet d’affiner notre dosage et de « prendre la vitesse du green ».

 

 

Avec 3 balles, on se positionne à proximité immédiate d’un trou pour effectuer des putts de  50 cm maximum. Attention, il est souvent difficile d’accepter de rester un certain temps à jouer des distances si courtes. On a souvent naturellement tendance à s’éloigner du trou au fur et à mesure. L’objectif ici est de rentrer ses putts par le plein milieu du trou. Dans cette situation, nous rentrons évidemment un grand nombre de putts, ce qui nous « fait du bien au mental ». On pourra donc jouer une vingtaine de putts en tournant autour du trou pour légèrement varier les éventuelles pentes.

 

Pour cet exemple de situation qu’est la phase d’échauffement au putting, on se rend ben compte de ce phénomène de « juge personnel ». Vous aurez compris que le contenu proposé limite le champ d’action de notre « juge personnel », parant du principe que cela est souhaitable car bien souvent son intervention est là pour nous « appuyer sur la tête ». Sachant qu’un des amplificateurs des côtés néfastes de notre « juge personnel » est bien souvent le regard des autres, veuillez noter que les exercices 1) et 2) permettent de se mettre au calme et à l’écart sur un côté du green. Pour certains, ce seront aussi des exercices permettant de s’affranchir progressivement de ce « regard des autres » (sujet qui sera traité dans un prochain article) car ces exercices n’étant pas forcément conventionnels, il faudra oser les faire aux yeux des autres …

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